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Leçon d’Histoire : La guerre d’Espagne

…………….Au début du XXe siècle, l’Espagne est une puissance très moyenne. La perte progressive de ses colonies a été fortement préjudiciable à son développement économique. Au niveau de l’industrialisation, son niveau est extrêmement faible. Au niveau agricole, les terres sont accaparées par une poignée de propriétaires terriens. À cause de ce bilan économique très instable, l’Espagne préfère rester neutre durant la première guerre mondiale. Elle décide de fournir aussi bien de l’aide à la triple alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie et Italie puis empire ottoman) qu’à la triple entente (France, Grande-Bretagne, Russie). L’Espagne est une monarchie parlementaire dirigée par Alphonse XIII, roi de plus en plus contesté à cause de la crise économique.

 

 

…………….En 1923, le général Primo des Rivera fait un coup d’État. Il maintient l’illusion de la monarchie parlementaire et obtient le titre de premier ministre : il dirige l’Espagne. Parmi les mesures phares de son gouvernement, on notera un rapprochement avec la toute jeune Italie de Mussolini. Primo de Rivera donnent également la priorité à l’armée : il développe le militarisme (augmentation du pouvoir des militaires). Son régime est également autoritaire. En effet, il écrase toutes les tentatives de révolte. La plus célèbre est la révolte de nationalistes marocains (un mouvement qui demande l’indépendance) menée par le leader Abd-El Krim. Lors de l’écrasement de cette révolte, un jeune général s’illustre : Francisco Franco.

1– Une république instable, un pays divisé

Le roi Alphone XIII

…………….En 1931, ont lieu des élections municipales en Espagne. Ces dernières sont remportées majoritairement par des républicains (mouvement en faveur de l’établissement d’une république et donc opposé à la monarchie constitutionnelle et au gouvernement de Primo de Rivera). Se sentant abandonné, le roi Alphonse XIII décide de s’exiler (on notera qu’il n’abdique pas). Ainsi, le 14 avril 1931 la seconde république est proclamée en Espagne.

 

…………….La seconde république est un régime parlementaire (un régime basé sur la puissance des assemblées législatives) qui entend transformer radicalement le pays. Parmi les mesures clés prises par cette jeune république, on retrouve par exemple la redistribution des terres agricoles, l’institution du suffrage universel…

 

…………….En octobre 1934, la droite fait son entrée dans le gouvernement de la IIe République. Cela provoque une hostilité de la part d’une partie de la population et en particulier des mineurs des Asturies. Ces derniers se mettent en grève pour condamner le gouvernement. En réaction, le gouvernement envoie deux généraux mater cette rébellion : Franco et Goded. Ce mouvement de grève est brisé dans la violence.

…………….La menace principale à cette jeune république reste la FAI (Fédération Anarchiste Ibérique). Il convient de revenir sur cette notion d’anarchie. Il s’agit d’un mouvement politique qui entend obtenir une société égalitaire. À l’origine, cette transformation de société doit se faire sans violence. Peu à peu, les mouvements anarchistes ont recours à la violence (car ils ont été eux-mêmes attaqués). Les mouvements anarchistes sont extrêmement puissants en particulier à Barcelone, dans l’Andalousie ou en Castille. 

 

…………….Progressivement, on constate que le pays se divise politiquement. D’un côté, on retrouve des mouvements conservateurs (de droite) qui sont favorables à la création d’un état central puissant. Cette vision s’oppose donc à un régime parlementaire plus basé sur la négociation. Un mouvement fait son apparition pour soutenir cette droite conservatrice : la phalange. Son chef est José Antonio de Rivera, le fils du général primo de Rivera. Il s’agit d’un mouvement fasciste qui prône la violence et l’endoctrinement de la société pour un retour à des valeurs traditionnelles (respect, ordre, armée). D’un autre côté, nous avons des mouvements de gauche (socialisme et communisme) qui sont favorables à la création d’un état fédéral. Il s’agit de l’union de plusieurs états ayant différents niveaux d’autonomie à l’intérieur d’un état central. Nous sommes donc plus dans une vision de concertation.

José Antonio Primo de Rivera (fondateur de la Phalange espagnole et fils du dictateur conservateur, Miguel Primo de Rivera)

Affiche anarchiste du FAI contre le fascisme

2– La crise devient une guerre civile

…………….En février 1936 de nouvelles élections ont lieu. Celles-ci se soldent par la victoire de la gauche. Malgré cette victoire, on constate une montée de mouvement de grève et de blocages d’usines principalement menées par les anarchistes. On rappelle que l’anarchisme refuse toute entrée dans un gouvernement. Le propre de l’anarchisme est de condamner tous les gouvernements car ils oppressent l’individu. Ces grèves provoquent la colère des conservateurs et on envoie l’armée pour briser ces grèves. Les mouvements anarchistes doivent donc se cacher. Pour faire face à ces attaques, ces mouvements anarchistes ont recours à une politique d’attentat. Le pays sombre dans le chaos. Certains généraux sont extrêmement choqués par ces attentats anarchistes. Une poignée d’entre eux organise un coup d’État sous la direction du général Franco.

…………….On peut considérer que la guerre civile espagnole commence le 20 juillet 1936. L’Espagne se retrouve déchirée en deux parties. C’est environ 1/3 de l’Espagne qui est sous domination des nationalistes (de la droite conservateur) et les 2/3 restants pour les républicains. Faisons un bilan des forces en présence. D’un côté, nous avons les nationalistes. Il s’agit de l’union des droites, d’une grande partie de l’armée, ainsi que de ce groupe fasciste : la phalange. L’avantage indéniable des nationalistes et la présence d’un chef incontesté : le généralissime Franco. Cependant ils ont également un très grand point faible : la marine et l’aviation espagnole refuse de les suivre (c’est donc principalement l’armée de terres qui soutient les nationalistes espagnols). De l’autre côté nous retrouvons les républicains. Ce groupe est extrêmement hétéroclite. En effet, on retrouve des centristes (des républicains modérés) des socialistes, des communistes, mais aussi des anarchistes. Ces derniers ne veulent pas participer au gouvernement, mais ils veulent encore moins voir la victoire des nationalistes. Le problème majeur des républicains ce sont les divisions internes. Au final, leur seul point commun est leur rejet de la politique autoritaire des nationalistes. Ils n’ont pas vraiment de chef. Aussi, il est quasiment impossible pour eux de se coordonner. Rappelons qu’aucun d’entre eux n’a le même objectif final (les centristes veulent une république modérée, les socialistes veulent une république parlementaire, les communistes veulent une révolution similaire à la Russie et les anarchistes ne veulent même plus de gouvernement…). On comprend que mettre d’accord autant d’opinions politiques différentes risquent d’être impossible.

Espagne en 1936

…………….La guerre civile espagnole est extrêmement difficile à suivre. Si on veut la résumer on peut dire qu’au début, il y avait un statu quo. En effet, aucune des forces en présence n’arrivait à gagner du terrain sur son adversaire. On peut dire que les forces en présence étaient à égalité. Tout change à partir du moment où les puissances étrangères vont commencer à se mêler de ce conflit.


…………….Les nationalistes vont profiter d’énormément d’aide. En effet, dès 1937 le régime fasciste italien de Mussolini envoie 50 000 hommes, ainsi que des avions, des chars et des munitions. L’Allemagne nazie d’Hitler n’est pas en reste. En effet, le Führer envoie la légion Condor. Il s’agit d’un groupe d’aviations bombardiers ainsi que des canons et des fusils. Les nationalistes ont donc récupéré le soutien aérien qui leur manquait.


…………….Les républicains quant à eux vont se heurter à des portes fermées. En effet, il supplie l’aide de la France. Le Front populaire (alliance des radicaux, des socialistes et communistes français) voulait soutenir les républicains. Cependant, l’Angleterre refuse toute intervention dans ce conflit et la France se plie à l’opinion anglaise. Au final, le seul pays qui envoie de l’aide est l’URSS. En effet, Staline ne veut pas que l’Espagne devienne un régime fasciste. Cependant, son aide va finalement accentuer les divisions. En effet, Staline n’apporte de l’aide qu’aux communistes espagnoles. Ainsi, ces derniers gagnent en puissance et cela accélère les divisions à l’intérieur du mouvement républicain. On note également des contingents anarchistes venus du monde entier. Nous avons 15.000 anarchistes français, 5000 Allemands, 3000 Britanniques qui viennent soutenir la FAI (les anarchistes d’Espagne).


…………….En août 1936, les forces nationalistes lancent une série d’offensive pour prendre Madrid. Prendre une capitale aurait été un coup de maître. Cependant, Franco décide de réorienter ses troupes vers la ville de Tolède (car il a de nombreux soutien dans cette ville). Ce contretemps permet aux républicains de réorganiser leurs troupes et leur défense dans la capitale espagnole. À ce moment de la guerre civile, les nationalistes contrôlent environ la moitié de l’Espagne.

3- La victoire finale de Franco

Espagne en 1938

Espagne en 1938

…………….C’est en février 1937 que l’offensive finale nationaliste a lieu pour prendre Madrid. Dans un premier temps, il semblerait que les républicains avaient un avantage : les chars soviétiques. Pourtant, très vite, les divisions internes entre anarchistes, communistes et socialistes déchirent le mouvement républicain. Profitant de leur division, les nationalistes avancent et récupèrent des positions. En février 1939, Madrid et Barcelone tombent entre les mains des nationalistes. La guerre civile est terminée.

 

…………….Le 1er avril 1939 le généralissime Francisco Franco fait une annonce officielle à la radio espagnole : il annonce sa victoire totale. Cette guerre civile a provoqué la mort de centaines de milliers de personnes. Les chiffres varient beaucoup. Du côté des soldats on estime qu’il y a eu entre 100 000 à 250 000 morts. Du côté des civils, on est entre 120 000 et 220 000 tués. Cette guerre civile a également provoqué la mort de 500 000 personnes à cause de la famine ou des bombardements. Après leur accession au pouvoir, les nationalistes commencent une vaste purge à l’intérieur du pays. Cette dernière fait environ 200 000 morts entre 1939 et 1943.

 

…………….En cette veille de seconde guerre mondiale, la politique extérieure de l’Espagne est bouleversée. Elle se rapproche des régimes fascistes allemands et italiens (le fascisme est un régime politique dans lequel l’usage de la violence est légitime). La volonté de la France et la Grande-Bretagne d’éviter la guerre à tout prix (ce que l’on appelle le pacifisme) a conduit à la perte des républicains espagnols. Staline est extrêmement déçu de n’avoir pas réussi à implanter un pays communiste en Europe de l’Ouest.

 

…………….Franco est le maître absolu de l’Espagne. Ce pays s’enfoncera dans une dictature fasciste pour les 40 prochaines années.

Le super prof d'Histoire-géographie qui ne sait pas un mot d'espagnol (sauf "gracias" et "vamos a la playa con Pedro") • Etablissement : Lycée dans le 9-5 • Citation: «Locura es hacer lo mismo una y otra vez esperando obtener resultados diferentes.» (Albert Einstein)

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